Santé

Sport et ménopause : comment adapter son entraînement et son alimentation

Muscles, os, énergie : à la ménopause, le corps change et l’entraînement comme l’alimentation gagnent à s’adapter. Voici ce que montrent les études, ce que le sport peut (ou non) faire, et quand demander l’avis d’un médecin.

En résumé :

  • La ménopause n’est pas une raison d’arrêter le sport : muscles et os en ont encore plus besoin.
  • Le plus efficace : musculation et cardio combinés, avec de la progressivité.
  • Le sport limite la perte osseuse, mais les preuves sont insuffisantes pour les bouffées de chaleur.
  • Côté assiette : assez de protéines, 950 mg de calcium par jour, et un avis médical sur la vitamine D.

La ménopause n'est pas une raison d'arrêter le sport, bien au contraire. C'est même une période où bien s'entraîner et bien se nourrir prend encore plus d'importance, pour garder sa force, protéger ses os et se sentir bien au quotidien.

Mais votre corps change, et vos habitudes d'avant ne sont pas toujours les plus adaptées. Dans cet article, vous allez voir ce qui évolue, quel entraînement privilégier, ce que le sport peut (et ne peut pas) faire pour les bouffées de chaleur, comment adapter votre alimentation, et dans quels cas demander un avis médical.

Sommaire

Ce qui change à la ménopause

À la ménopause, la baisse des hormones, en particulier des œstrogènes, s'accompagne souvent de changements dans le corps : une perte osseuse plus rapide, une diminution progressive de la masse musculaire et une tendance à stocker davantage de graisse, notamment autour du ventre. Le sommeil, l'énergie et l'humeur peuvent aussi être perturbés.

Ces changements ne sont pas une fatalité. Ils expliquent surtout pourquoi entretenir vos muscles et vos os devient une priorité. Pour comprendre comment l'âge modifie vos besoins en général, notre article comment l'âge affecte-t-il les besoins nutritionnels donne des repères complémentaires.

Quel entraînement privilégier

Bonne nouvelle : tous les types d'exercice sont utiles, mais ils n'apportent pas la même chose. Une grande analyse de 101 essais, portant sur près de 5 700 femmes ménopausées, montre que l'entraînement améliore la composition corporelle. Le cardio (marche rapide, vélo, natation) réduit surtout la masse grasse et le tour de taille, tandis que la musculation fait gagner de la masse maigre. Les programmes qui combinent les deux semblent offrir le meilleur des deux mondes.

Pour les os, une revue Cochrane de 43 essais (plus de 4 300 femmes ménopausées) a trouvé que les programmes qui combinent plusieurs types d'exercices limitent le mieux la perte osseuse de la colonne vertébrale (environ 3 % de perte en moins), et que le renforcement musculaire des jambes avec de la charge limite la perte au niveau de la hanche (environ 1 % en moins). En revanche, les données ne montrent pas de réduction claire du nombre de fractures : c'est un point à garder en tête.

Concrètement, un programme simple pourrait ressembler à ceci :

  • 2 à 3 séances de renforcement par semaine, en travaillant les jambes, le dos, les bras et le tronc, avec des charges que vous augmentez progressivement ;
  • 2 à 3 séances de cardio d'intensité modérée (marche rapide, vélo, natation), en ajoutant un peu d'intensité si vous vous sentez bien ;
  • un peu d'équilibre et de mobilité, par exemple en fin de séance, pour garder de l'aisance au quotidien ;
  • de la progressivité et du repos entre les séances, surtout si vous reprenez après une longue pause.

Si vous êtes débutante, commencez léger et laissez-vous le temps. Notre article sur l'arthrose et le sport vous aide aussi à adapter vos séances si vos articulations vous gênent.

Bouffées de chaleur : le sport peut-il aider ?

C'est une question légitime, et la réponse est nuancée. Une revue Cochrane (5 essais, 733 femmes) conclut que les preuves sont insuffisantes pour dire si l'exercice réduit les bouffées de chaleur. Les études étaient peu nombreuses et de qualité limitée.

Cela ne veut pas dire que le sport ne sert à rien : il reste très utile pour vos muscles, vos os et votre bien-être. Mais ne vous attendez pas à ce qu'il fasse disparaître vos bouffées de chaleur. Si elles vous gênent beaucoup, parlez-en à votre médecin : plusieurs solutions existent. Pour le sommeil, souvent perturbé à cette période, notre article le sommeil et la récupération peut vous aider à mieux récupérer.

Adapter votre alimentation

Les protéines. Les repères officiels français (Anses) sont d'environ 0,83 g de protéines par kilo et par jour pour les femmes de moins de 65 ans, et 1 g par kilo au-delà de 65 ans. Si vous faites de la musculation, vos besoins peuvent être plus élevés. Les données chez les femmes ménopausées restent limitées : un petit essai de 10 semaines n'a pas montré de gain de masse maigre supplémentaire avec 1,2 g par kilo plutôt qu'avec environ 0,8 g. De son côté, une analyse générale sur adultes montre que les gains plafonnent autour de 1,6 g par kilo. Viser entre 1 et 1,6 g par kilo selon votre entraînement est donc une fourchette souvent retenue, à répartir sur vos repas, à valider avec un professionnel de santé si vous avez un doute. En cas de maladie rénale, demandez d'abord l'avis de votre médecin.

Le calcium. La référence est de 950 mg par jour. Produits laitiers, eaux riches en calcium, légumes verts et certaines légumineuses y contribuent.

La vitamine D. Le repère est de 15 µg par jour, et l'alimentation seule permet rarement de l'atteindre. Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien pour savoir si un dosage ou une supplémentation est utile pour vous.

L'énergie. Évitez de trop réduire vos apports en voulant limiter la prise de graisse : manger trop peu freine la récupération et le maintien de vos muscles. Privilégiez une alimentation variée, riche en fruits, légumes, fibres et bonnes graisses, et pensez à bien vous hydrater.

Et les compléments ?

Aucun complément n'est obligatoire. Parmi les pistes étudiées, la créatine intéresse les chercheurs : une revue sur la santé des femmes indique qu'elle pourrait être bénéfique pour le muscle et l'os chez les femmes ménopausées lorsqu'elle est associée à l'entraînement en force, mais les données chez les femmes restent peu nombreuses. Notre article la créatine chez les femmes sportives présente ce sujet plus en détail.

Gardez en tête qu'un complément vient en plus d'un bon entraînement et d'une alimentation adaptée, jamais à leur place. Avant d'en commencer un, surtout si vous suivez un traitement, demandez conseil à un professionnel de santé.

Quand demander un avis médical

Parlez-en à votre médecin avant de reprendre ou d'intensifier le sport si vous avez une maladie connue (cardiaque, ostéoporose, articulaire), si vous suivez un traitement, ou si vous n'avez pas pratiqué depuis longtemps. Consultez aussi sans attendre en cas de douleur dans la poitrine, d'essoufflement inhabituel, de malaise, de saignements anormaux, ou de douleur persistante qui ne s'améliore pas.

Ce qu'il faut retenir

  • La ménopause ne doit pas vous éloigner du sport : l'entraînement aide à garder muscles, os et bien-être.
  • La meilleure option est de combiner musculation et cardio, avec de la progressivité.
  • Le sport limite la perte osseuse, mais les preuves sont insuffisantes pour affirmer qu'il réduit les bouffées de chaleur.
  • Côté assiette : assez de protéines (à répartir sur la journée), 950 mg de calcium, et un avis médical sur la vitamine D.
  • Les compléments viennent en plus, jamais à la place : en cas de doute, demandez l'avis d'un professionnel.

Adapter votre entraînement et votre alimentation à la ménopause, ce n'est pas faire moins, c'est faire plus intelligemment. Quelques séances bien construites, des repas équilibrés et un peu de patience suffisent souvent à garder force et énergie pour les années à venir.

Sources scientifiques

  • Khalafi M, Habibi Maleki A, Sakhaei MH, Rosenkranz SK, Pourvaghar MJ, Ehsanifar M, Bayat H, Korivi M, Liu Y. The effects of exercise training on body composition in postmenopausal women: a systematic review and meta-analysis. Frontiers in Endocrinology. 2023;14:1183765.
  • Howe TE, Shea B, Dawson LJ, Downie F, Murray A, Ross C, Harbour RT, Caldwell LM, Creed G. Exercise for preventing and treating osteoporosis in postmenopausal women. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2011;(7):CD000333.
  • Daley A, Stokes-Lampard H, Thomas A, MacArthur C. Exercise for vasomotor menopausal symptoms. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2014;(11):CD006108.
  • Anses. Avis relatif à l'actualisation des repères alimentaires du PNNS pour les femmes dès la ménopause et les hommes de plus de 65 ans. Saisine n° 2017-SA-0143. 23 décembre 2019.
  • Rossato LT, Nahas PC, de Branco FMS, Martins FM, Souza AP, Carneiro MAS, Orsatti FL, de Oliveira EP. Higher protein intake does not improve lean mass gain when compared with RDA recommendation in postmenopausal women following resistance exercise protocol: a randomized clinical trial. Nutrients. 2017;9(9):1007.
  • Morton RW, Murphy KT, McKellar SR, Schoenfeld BJ, Henselmans M, Helms E, Aragon AA, Devries MC, Banfield L, Krieger JW, Phillips SM. A systematic review, meta-analysis and meta-regression of the effect of protein supplementation on resistance training-induced gains in muscle mass and strength in healthy adults. British Journal of Sports Medicine. 2018;52(6):376-384.
  • Smith-Ryan AE, Cabre HE, Eckerson JM, Candow DG. Creatine supplementation in women's health: a lifespan perspective. Nutrients. 2021;13(3):877.

FAQ

Tout savoir sur nos produits

Faut-il continuer le sport pendant la ménopause ?

Oui. L’entraînement améliore la composition corporelle et limite la perte osseuse chez les femmes ménopausées. Si vous avez une maladie connue ou un traitement, demandez d’abord l’avis de votre médecin.

Quel type d’entraînement privilégier ?

La musculation fait gagner de la masse maigre et le cardio réduit surtout la masse grasse. Les programmes qui combinent les deux semblent offrir le meilleur résultat. Pour les os, renforcer les jambes avec de la charge est utile.

Le sport soulage-t-il les bouffées de chaleur ?

Les preuves sont insuffisantes pour l’affirmer : la revue Cochrane sur le sujet porte sur peu d’essais, de qualité limitée. Le sport reste utile pour vos muscles, vos os et votre bien-être. Si les bouffées de chaleur vous gênent beaucoup, parlez-en à votre médecin.

Quand demander un avis médical avant de s’entraîner ?

Parlez-en à votre médecin avant de reprendre ou d’intensifier le sport si vous avez une maladie connue (cardiaque, ostéoporose, articulaire), un traitement, ou si vous n’avez pas pratiqué depuis longtemps. Consultez sans attendre en cas de douleur dans la poitrine, d’essoufflement inhabituel, de malaise ou de saignements anormaux.