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Créatine et fortes chaleurs : faut-il adapter sa consommation en été ?

Faut-il arrêter la créatine lorsqu’il fait chaud ? La chaleur et la transpiration peuvent faire naître certaines inquiétudes autour de la supplémentation. Découvrez ce que dit réellement la science sur la créatine, l’hydratation, les électrolytes et l’entraînement en été.
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Créatine et fortes chaleurs : faut-il adapter sa consommation en été ?

Lorsque les températures grimpent, les habitudes d'entraînement changent. On transpire davantage, on boit plus et l'hydratation devient une préoccupation centrale.

Pour les sportifs qui prennent de la créatine, une question revient alors régulièrement :

Faut-il continuer à prendre de la créatine lorsqu'il fait très chaud ?

La question est d'autant plus fréquente que la créatine est parfois accusée de provoquer une déshydratation ou de favoriser les crampes. Dans ce contexte, l'association entre créatine, chaleur et transpiration peut sembler préoccupante.

Pourtant, les données scientifiques disponibles ne montrent pas que la créatine augmente le risque de déshydratation chez les personnes qui s'entraînent.

Au contraire, certaines recherches menées dans des conditions de chaleur ou d'effort ont même étudié son potentiel intérêt pour le maintien de l'hydratation et de la thermorégulation.

Alors, faut-il modifier sa consommation de créatine pendant l'été ? Et surtout, quelles précautions prendre lorsque l'on s'entraîne par forte chaleur ?

Table des matières

La créatine déshydrate-t-elle quand il fait chaud ?

Non, les données scientifiques ne montrent pas que la créatine augmente le risque de déshydratation.

Cette idée reçue vient principalement du fait que la créatine augmente la quantité de créatine stockée dans les muscles et peut entraîner une augmentation de la rétention d'eau intracellulaire.

Autrement dit, davantage d'eau est stockée à l'intérieur des cellules musculaires.

Mais rétention d'eau intracellulaire et déshydratation ne sont pas synonymes.

La déshydratation correspond à une perte d'eau corporelle suffisamment importante pour perturber l'équilibre hydrique de l'organisme. Le fait que la créatine augmente l'eau contenue dans les cellules musculaires ne signifie donc pas qu'elle "retire" de l'eau au reste du corps.

Les études menées chez les sportifs n'ont d'ailleurs pas confirmé l'hypothèse selon laquelle la complémentation en créatine favoriserait la déshydratation, les crampes ou les problèmes liés à la chaleur.

Cette distinction est essentielle en été.

La créatine peut augmenter l'eau stockée dans les muscles sans pour autant déshydrater l'organisme.

 

Pourquoi cette idée reçue existe-t-elle ?

Pour comprendre la confusion, il faut revenir aux premières années de popularisation de la créatine.

Comme la complémentation peut entraîner une augmentation du poids corporel, notamment en raison d'une augmentation de l'eau intracellulaire, l'hypothèse d'une perturbation de l'équilibre hydrique a longtemps été évoquée.

Une autre confusion vient de l'association entre créatine et rétention d'eau.

Dans le langage courant, "rétention d'eau" évoque souvent gonflement, œdème ou excès de liquide.

La situation est différente avec la créatine.

Une partie de l'eau supplémentaire associée à la complémentation est stockée dans le muscle, en lien avec l'augmentation des réserves de créatine musculaire.

Cette modification est notamment visible au début d'une complémentation, lorsque les réserves musculaires augmentent rapidement.

Elle ne doit donc pas être interprétée comme un signe de déshydratation.

 

Que se passe-t-il réellement lorsque l'on prend de la créatine ?

La créatine est naturellement présente dans l'organisme et dans certains aliments, notamment les produits d'origine animale.

Elle est principalement stockée dans les muscles sous forme de créatine libre et de phosphocréatine.

La phosphocréatine participe à la régénération rapide de l'ATP, la principale source d'énergie directement utilisable par les cellules musculaires lors d'efforts intenses et de courte durée.

Une complémentation régulière permet d'augmenter les réserves musculaires de créatine.

Cette augmentation peut contribuer à améliorer la capacité à répéter des efforts intenses et, associée à un entraînement adapté, favoriser les gains de force et de masse musculaire.

Mais la créatine intervient également dans l'équilibre hydrique de la cellule musculaire.

Lorsque les réserves musculaires de créatine augmentent, l'eau intracellulaire peut également augmenter.

C'est notamment pour cette raison qu'une prise de poids de quelques centaines de grammes à quelques kilogrammes peut être observée chez certaines personnes au début d'une complémentation.

Ce gain initial n'est donc pas nécessairement lié à une augmentation de la masse grasse.

 

Faut-il arrêter la créatine en été ?

Dans la plupart des cas, non.

Il n'existe pas de recommandation générale demandant aux sportifs d'arrêter la créatine pendant les mois les plus chauds.

Une complémentation quotidienne en créatine monohydrate peut donc être poursuivie lorsque les températures augmentent.

Il n'est pas non plus nécessaire de réduire automatiquement la dose simplement parce qu'il fait chaud.

La stratégie généralement utilisée chez l'adulte est une prise régulière d'environ 3 à 5 g de créatine par jour, sans nécessité de modifier cette quantité en fonction de la température extérieure.

Ce qui doit en revanche être adapté aux conditions estivales, c'est la gestion de l'hydratation.

Car si la créatine n'est pas responsable de la déshydratation, la chaleur, elle, augmente bien les pertes hydriques.

 

Créatine et transpiration : ce qu'il faut surveiller

Lorsqu'il fait chaud, l'organisme augmente la production de sueur afin d'évacuer la chaleur.

Cette adaptation est indispensable pour maintenir une température corporelle compatible avec la poursuite de l'effort.

Mais la transpiration entraîne des pertes d'eau et d'électrolytes, notamment de sodium.

Ces pertes peuvent devenir particulièrement importantes lorsque plusieurs facteurs se combinent :

  • température élevée ;
  • forte humidité ;
  • entraînement prolongé ;
  • intensité élevée ;
  • faible acclimatation à la chaleur ;
  • transpiration naturellement abondante.

Dans ce contexte, le principal enjeu n'est donc pas de modifier sa consommation de créatine, mais de compenser correctement les pertes liées à la transpiration.

Pour une séance courte de musculation, boire selon sa soif et maintenir une alimentation normale peut généralement suffire.

Pour un entraînement long ou très intense réalisé sous une forte chaleur, les besoins peuvent être différents. L'eau, mais aussi les électrolytes, notamment le sodium, prennent alors davantage d'importance.

 

Comment prendre de la créatine lorsqu'il fait chaud ?

La stratégie reste finalement très simple : ne pas changer inutilement sa supplémentation, mais adapter son hydratation aux conditions de pratique.

1. Continuez votre prise quotidienne

La créatine fonctionne grâce à la saturation progressive des réserves musculaires.

Il n'est donc pas nécessaire de modifier sa prise en fonction de la météo.

Une prise régulière de 3 à 5 g par jour constitue la stratégie la plus courante.

2. Hydratez-vous davantage si vous transpirez davantage

Il n'existe pas une quantité d'eau universelle à boire pendant l'été.

Les besoins dépendent notamment du poids, de l'activité, de la durée de l'effort, de la température et du taux de sudation individuel.

La couleur des urines, la sensation de soif et l'évolution du poids avant et après une séance peuvent notamment aider à mieux comprendre ses besoins hydriques.

3. Pensez aux électrolytes lors des efforts prolongés

Pour une séance longue ou réalisée dans des conditions particulièrement chaudes, remplacer uniquement l'eau peut ne pas suffire à compenser les pertes de sodium liées à la transpiration.

Une boisson apportant des électrolytes peut alors être pertinente, notamment chez les sportifs qui transpirent beaucoup.

La stratégie doit toutefois rester individualisée : les pertes sudorales peuvent varier considérablement d'une personne à l'autre.

 

La chaleur change-t-elle les besoins en créatine ?

À ce jour, rien ne permet de considérer que les fortes chaleurs imposent une augmentation ou une diminution systématique de la dose quotidienne de créatine.

La température extérieure ne modifie pas le principe de fonctionnement de la créatine : son intérêt repose sur l'augmentation puis le maintien des réserves musculaires de créatine et de phosphocréatine.

En revanche, la chaleur peut modifier indirectement le contexte dans lequel la créatine est utilisée.

Un entraînement réalisé à 30 °C avec une transpiration importante n'impose pas nécessairement plus de créatine, mais il peut imposer une attention particulière à :

  • l'hydratation ;
  • la consommation de sodium et d'autres électrolytes ;
  • la durée et l'intensité de l'effort ;
  • la récupération après la séance ;
  • l'acclimatation progressive à la chaleur.

C'est donc davantage l'environnement d'entraînement qui doit être pris en compte que la créatine elle-même.

 

Créatine et fortes chaleurs : qu'en est-il des crampes ?

La crainte des crampes est souvent associée à la créatine, notamment lorsqu'elle est utilisée pendant les périodes chaudes.

Pourtant, les données disponibles ne montrent pas que la complémentation en créatine augmente systématiquement le risque de crampes musculaires.

Au contraire, plusieurs travaux réalisés chez des sportifs, notamment dans des conditions exigeantes, n'ont pas observé davantage de crampes ou de problèmes liés à la chaleur chez les personnes prenant de la créatine.

Il faut toutefois distinguer deux choses.

Une complémentation en créatine ne remplace pas une stratégie adaptée à l'effort. Elle ne permet pas de compenser à elle seule une hydratation insuffisante, des pertes importantes en sodium ou une exposition excessive à la chaleur.

Si des crampes apparaissent pendant une séance estivale, il ne faut donc pas automatiquement incriminer la créatine.

La durée de l'effort, la fatigue musculaire, l'intensité, l'hydratation, les conditions environnementales et les habitudes d'entraînement peuvent également intervenir.

 

Faut-il prendre plus d'eau avec la créatine en été ?

Il serait tentant de donner une quantité d'eau précise à boire simplement parce que l'on prend de la créatine.

Ce serait pourtant trop simpliste.

Il n'existe pas de raison scientifique d'imposer une consommation d'eau démesurée aux personnes prenant de la créatine.

Les besoins hydriques doivent plutôt être adaptés à la situation : température, durée de l'effort, intensité, sudation et habitudes alimentaires.

En pratique, une séance de musculation de 45 minutes dans une salle correctement ventilée ne présente pas les mêmes contraintes qu'un entraînement d'endurance de deux heures en plein soleil.

Dans le second cas, les pertes peuvent être considérables et nécessitent une stratégie de réhydratation plus structurée.

Boire davantage parce qu'il fait chaud, oui. Boire excessivement uniquement parce que l'on prend de la créatine, non.

 

Et si l'on s'entraîne en plein soleil ?

Lorsque les températures sont élevées, le premier réflexe ne devrait pas être de modifier sa supplémentation, mais de modifier si nécessaire les conditions d'entraînement.

Plusieurs stratégies permettent de limiter le stress thermique :

  • s'entraîner aux heures les moins chaudes ;
  • privilégier un environnement ombragé ou climatisé ;
  • réduire temporairement l'intensité si les conditions deviennent difficiles ;
  • prévoir suffisamment de boissons ;
  • adapter les pauses et les temps de récupération ;
  • s'acclimater progressivement lorsque l'exposition à la chaleur augmente.

Cette dernière stratégie est particulièrement intéressante pour les sportifs qui doivent participer à une compétition dans un environnement chaud.

L'organisme peut progressivement améliorer sa capacité à dissiper la chaleur et à maintenir son équilibre hydrique grâce à une exposition répétée et progressive.

 

Créatine en été : les principales erreurs à éviter

Arrêter systématiquement la créatine

Il n'y a pas de raison générale d'interrompre une supplémentation en créatine simplement parce que les températures augmentent.

Réduire automatiquement la dose

La chaleur ne justifie pas à elle seule de réduire la dose quotidienne habituelle.

Boire énormément "pour éliminer la créatine"

La créatine n'est pas une substance qu'il faudrait "éliminer" en buvant excessivement.

Une consommation d'eau disproportionnée peut elle-même devenir problématique, notamment pendant les efforts d'endurance prolongés.

Oublier le sodium

Lorsqu'on transpire beaucoup, l'eau n'est pas le seul élément perdu.

Le sodium constitue le principal électrolyte perdu dans la sueur. Lors d'efforts longs ou très chauds, sa prise en compte peut donc être importante pour maintenir l'équilibre hydrique.

 

Créatine et été : faut-il changer ses habitudes ?

Dans la plupart des cas, la réponse est simple : non pour la créatine, oui pour l'hydratation si les conditions l'exigent.

Une complémentation régulière de 3 à 5 g de créatine par jour peut être poursuivie pendant l'été sans qu'il soit nécessaire de modifier automatiquement la dose.

La créatine n'est pas considérée comme une cause de déshydratation et les données disponibles ne montrent pas qu'elle augmente le risque de crampes ou de complications liées à la chaleur chez les sportifs en bonne santé.

En revanche, les fortes chaleurs augmentent les pertes hydriques et électrolytiques liées à la transpiration.

Il faut donc adapter sa stratégie à son activité et à son niveau de sudation, particulièrement lors des efforts prolongés.

La créatine ne devient pas moins intéressante parce qu'il fait chaud. En été, l'enjeu est surtout de gérer correctement l'hydratation et les pertes en électrolytes.

 

En résumé

  • La créatine ne provoque pas de déshydratation chez les sportifs en bonne santé.
  • La hausse de l'eau intracellulaire musculaire liée à la créatine ne signifie pas que l'organisme est déshydraté.
  • Il n'est pas nécessaire d'arrêter ou de réduire systématiquement sa consommation de créatine en été.
  • Une prise quotidienne de 3 à 5 g reste généralement suffisante.
  • La chaleur augmente en revanche les pertes d'eau et de sodium par la transpiration.
  • Lors d'efforts longs ou réalisés sous de fortes chaleurs, l'hydratation et les électrolytes méritent une attention particulière.
  • Les besoins doivent être adaptés à la durée de l'effort, à l'environnement et à la sudation individuelle.

 

Sources scientifiques

  • Kreider RB, Kalman DS, Antonio J, et al. International Society of Sports Nutrition position stand: safety and efficacy of creatine supplementation in exercise, sport, and medicine. Journal of the International Society of Sports Nutrition. 2017.
  • Kreider RB, Ferreira M, Wilson M, et al. Effects of creatine supplementation on body composition, strength, and sprint performance. Medicine & Science in Sports & Exercise. 1998.
  • Dalbo VJ, Roberts MD, Stout JR, Kerksick CM. Putting to rest the myth of creatine supplementation leading to muscle cramps and dehydration. British Journal of Sports Medicine. 2008.
  • Graham AS, Hatton RC. Creatine: a review of efficacy and safety. Journal of the American Pharmaceutical Association. 1999.
  • Casa DJ, DeMartini JK, Bergeron MF, et al. National Athletic Trainers' Association Position Statement: Exertional Heat Illnesses. Journal of Athletic Training. 2015.
  • Sawka MN, Burke LM, Eichner ER, Maughan RJ, Montain SJ, Stachenfeld NS. American College of Sports Medicine position stand: Exercise and fluid replacement. Medicine & Science in Sports & Exercise. 2007.

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